DIOCÈSE D'EUROPE OCCIDENTALE DE L'ÉGLISE ORTHODOXE SERBE
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Vénérable Olga de Kiev

Publié le 13/02/2016

Vénérable Olga de Kiev
Vénérable Olga de Kiev

Vénérable Olga, Égale-aux-Apôtres, était l’épouse du Grand Prince Igor de Kiev. Le combat pour le Christianisme contre le paganisme, sous Igor et Olga, qui règna après Oleg (+ 912), entra dans une nouvelle phase. L’Eglise du Christ, dans les années qui suivirent le règne d’Igor (+ 945), devint une remarquable force spirituelle et politique dans le royaume Russe. On possède encore le texte d’un traité d’Igor avec les Grecs en 944, qui le montre clairement. Il fut incorporé par le chroniqueur dans le « Récit des Années Bygone », sous l’entrée rapportant les évènements de l’année Biblique 6453 (945).
Le traité de paix devait faire l’objet d’un serment par les 2 communautés religieuses de Kiev : « Les Rus Baptisés », c-à-d les Chrétiens, prirent place dans l’église cathédrale du Saint Prophète de Dieu Elie (20 juillet); les « Rus non-baptisés », c-à-d les païens, effectuant leur serment en jurant sur leurs armes dans le sancturaire de Perun le Tonitruant. Le fait que les Chrétiens étaient inclus dans ce document à la première place indique leur influence spirituelle significative dans la vie de la Rus Kiévaine.
De toute évidence, lorsque le traité fut rédigé en 944 à Constantinople, il y avait des gens au pouvoir à Kiev qui avaient de la sympathie pour le Christianisme, qui reconnaissaient le côté historiquement inévitable de l’implication à venir de la Rus’ dans la culture Chrétienne donnatrice-de-vie. A ce mouvement, il est possible que le prince Igor lui-même appartenait, bien que sa position officielle ne lui permit pas de se donner personnellement à la nouvelle Foi, pas plus qu’à cette époque il n’était en mesure de se décider à faire Baptiser tout le pays, ce qui aurait entraîné la diffusion à travers tout le pays de hiérarques de l’Eglise Orthodoxe. Le traité fut donc rédigé de manière légèrement ambiguë dans ses termes, afin de ne pas forcer le prince à le ratifier de l’une ou l’autre manière, païenne ou Chrétienne.
Mais quand les émissaires Byzantins arrivèrent à Kiev, les conditions de navigation au long du fleuve Dniepr avaient radicalement changé. Une opposition païenne avait clairement émergé, à la tête de laquelle se trouvait le voïvode (chef guerrier) Varègue Svenel’d (ou Sveinald) et son fils Mstislav (Mtsisha), à qui Igor avait donné des places-fortes sur les terres Drevlyani.
Il y avait aussi à Kiev la très fort influence des Khazar Juifs, qui ne pouvaient rien trouver de plus déplaisant que la pensée du triomphe de l’Orthodoxie dans la terre Russe.
Incapable de vaincre son habituelle inertie, Igor resta païen et conclut le traité à la manière païenne — avec un serment sur son épée. Il refusa la grâce du Baptême et fut punit pour son incroyance. Un an plus tard, en 945, des rebelles païens le tuèrent en terre Drevlyanienne, coupé entre deux arbres. Mais les jours du paganisme étaient comptés, de même que le style de vie des tribus Slaves. La charge du gouvernement échu à la veuve d’Igor — la Grande-Princesse Olga de Kiev, et à son fils de 3 ans, Svyatoslav.
Le nom de la future illuminatrice de la terre Russe et celui de sa région natale sont les premiers rencontrés dans le « Récit des Années Bygone », dans la phrase où il parle du mariage d’Igor : « et ils lui amenèrent une femme de Pskov, du nom d’Olga ». Elle appartenait, ainsi que le spécifie la Chronique Joakimov, à la lignée des princes d’Izborsk — une des plus obscures et anciennes dynasties princières Russes; ils étaient encore une vingtaine en Rus’ durant les 10-11ième siècles, mais tous furent supplantés par les Rurikovichi, ou se joignirent à eux à travers le mariage. Certains d’entre eux étaient de descendance Slave, d’autres — des nouveaux venus Varangues. On sait que des roitelets scandinaves Vikings (« koenigs ») appelés à devenir princes de cités russes, invariablement s’inculturaient, tant dans la langue que dans la culture et les noms Russes, et ainsi s’assimilaient jusqu’à devenir de parfaits Russes de nom et de style de vie, de tenue vestimentaire et même d’apparence physique.
L’épouse d’Igor avait donc aussi un nom Varangue, « Helga », ce qui dans la prononciation Russe donne Olga, Volga. Le nom féminin Olga correspond au masculin Oleg (« Helgi), qui veut dire « saint » (du germanique « heilig » pour « saint »). Bien que la compréhension de la sainteté par les païens était fort différente de celle des Chrétiens, elle présuposait en quelqu’un une attitude particulière, chaste et sobre, un esprit droit et clairvoyant. Cela révèle la signification spirituelle des noms, le fait que les peuples aient appelé Oled le Clair-voyant (« Veschi ») et Olga — la Sage (« Mudra »).

Des traditions relativement tardive concernant son village natal indiquent Vybuta, à plusieurs kilomètres de Pskov, le long de la Velika. Jusqu’il n’y a pas si longtemps, ils indiquaient encore le Pont Olga, sur la rivière, l’ancien passage à gué, où Olga fut rencontrée par Igor. La géographie de la région de Pskov a conservé nombre de termes reliés à la mémoire de cette grande descendante locale : les villages d’Ol’zhinets et Ol’gino Pole (Champ d’Olga); l’Entrée d’Olga — une des branches de la Rivière Velika; la Colline Olga et le Croisement Olga — près du Lac Pskov, et la Pierre d’Olga — dans le village de Vybuta.

Le début du règne indépendant de la princesse Olga est relié dans les chroniques avec le récit de sa terrible vengeanc sur les Drevlyani, qui avaient assassiné Igor. Ayant prêté leur serment sur leur épée, et « ne croyant que dans leur épée », les païens furent condamnés par le jugement de Dieu à aussi périr par l’épée (Mt 25,52). Vouant un culte au feu parmi les autres éléments primaires, ils trouvèrent leur propre condamnation dans le feu. Et le Seigneur choisit Olga pour accomplir le terrible châtiment.

La lutte pour l’unité de la Rus’, pour la soumission à Kiev des tribus et principautés mutuellements hostiles et divisées, pava le chemin vers la victoire finale du Christianisme en terre Russe. Pour Olga, bien qu’encore païenne, l’Eglise Chrétienne de Kiev et son Céleste patron le saint Prophète de Dieu Elie (dépeint sur les icônes sur un chariot de feu) se tenait comme une foi brûlante, et une prière de feu venait des Cieux, et sa victoire sur les Drevlyani — malgré la terrible dureté de sa victoire -, était une victoire des forces constructives Chrétiennes dans le royaume Russe, contre les forces du paganisme, noires et destructives.

Assagie par Dieu, Olga entra dans l’histoire comme grande artisane de la vie civile et de la culture de la Rus’ Kiévaine. Les chroniques sont remplies de récits de ses incessants voyages à travers la terre Russe, avec le but d’améliorer le bien-être de la vie civile et les habitudes de vie domestique de ses sujets. Ayant consolidé le renforcement du pouvoir du trone princier de Kiev — avec pour conséquence l’affaiblissement de l’influence du fouillis désordonné de princelets en Rus’, Olga centralisa tout le fonctionnement de l’Etat avec l’aide du système des « pogosti » (centre administratifs de commerce). En 946, avec son escorte et son fils, elle parcouru le pays Drevlyani, « imposant tributs et taxes », faisant enregistrer les villages, auberges et lieux de chasse, qui devaient être inclus dans les dépendances grand-princières de Kiev. L’année suivante, elle partit pour Novgorod, établissant des centres administratifs au longs des rivières Msta et Luga, laissant partout des traces visibles de son activité. « Ses « lovischa » (« chasses gardées ») s’étendirent à travers tout le pays, marquant les limites, ses places et centres administrativs — écrivait le chroniqueur — et son traineau se trouve encore à Pskov de nos jours, comme son lieu de piège à oiseaux le long des Dniepr et Desna; et son village d’Ol’zhicha existe encore de nos jours ».

Les « pogosti » établis par Olga, comme centre financiers et administratifs, et courts de justice, étaient des points d’appui intelligents pour la puissance grand-princière en ces lieux.

Etant en premier lieu, et dans le sens actuel du terme, les centres de commerce et d’échange (le marchant étant « hôte »), ils se rassemblèrent et s’organisèrent autour des implantations (et au lieu de « l’arbitraire humain » en matière de tributs et taxes, l’uniformité et l’ordre règna avec le système des « pogosti »). Le « pogosti » d’Olga devint un réseau important de l’unification ethnique et culturelle de la nation Russe.

Plus tard, lorsqu’Olga sera devenue Chrétienne, ils commençeront à ériger les premières églises dans les « pogosti »; depuis l’époque du Baptème de la Rus, les « pogost » et l’église (paroisse) devinrent inséparablement associés. (Ce n’est que longtemps après, avec l’existence de cimetières le long des églises, que s’est développée la compréhension actuelle du terme Russe « pogost », qui à présent signifie « cimetière paroissial »).

La princesse Olga effectua de grands efforts pour fortifier la capacité défensive du pays. Les villes furent bâties et renforcées, Vyshgorod (ou Detintsa, Kroma) entourée de remparts en pierre et en chène, hérissés de palissades. Sachant à quel point nombre étaient hostiles à l’idée du renforcement de la puissance princière et à l’unification de la Rus’, la princesse elle-même vécut constamment « sur la colline » au-dessus du Dniepr, derrière les fiables remparts de la Kiévaine Vyshgorod (« Verkhna-gorod » ou « Ville du dessus »), entourée de ses fidèles serviteurs. Ainsi que l’attestent les chroniqueurs, elle redonnait pour son usage au « veche » de Kiev (conseil communal) les deux tiers des taxes récoltées, et le tiers restant allant « à Olga, pour Vyshgorod » — pour les besoins de la construction de fortifications. Et à l’époque d’Olga, les historiens notent le premier établissement de frontières étatiques en Russie — à l’ouest, avec la Pologne. Des héroïques avant-postes au sud gardaient les champs pacifiques des Kiévains des peuples des Plaines Sauvages. Les étrangers se hâtaient vers Gardarika (« le pays des cités »), comme ils appelaient la Rus’, avec des marchandises et de l’artisanat. Suédois, Danois, Germains, entraient avec enthousiasme comme mercenaires dans l’armée Russe. Les liaisons étrangères avec Kiev se développèrent. Ceci accéléra le développement de construction en pierre dans la ville, qui commença sous Olga. Les premiers édifices en pierre à Kiev — le palais de la ville et la citadelle supérieure d’Olga — furent redécouvert seulement ce siècle par les archéologues. (Le palais, ou pour être plus précis, ses fondations et les restants de ses murs, furent trouvés durant des excavations dans les années 1971-1972).

Mails il n’y avait pas que le renforcement du royaume civil et l’amélioration des normes domestiques de la manière de vivre des gens qui attirèrent l’attention de la sage princesse. Pour elle, il était encore plus urgent d’oeuvrer à la transformation radicale de la vie religieuse de la Rus’, la transfiguration spirituelle de la nation Russe. La Rus’ était devenue une grande puissance. En Europe, seuls 2 royaumes pouvaient se comparer avec elle durant ces années d’importances et de puissance : en Europe orientale, l’ancien empire Byzantin, et à l’ouest, le royaume des Saxons.

L’expérience des 2 empires, liée à l’exaltation en esprit de l’enseignement Chrétien, avec la base religieuse de la vie, montra clairement que le chemin pour la future grandeur de la Rus’ ne tenait pas à la puissance militaire, mais en premier lieu à la conquête spirituelle et à sa réussite. Ayant confié Kiev à son fils adolescent, Svyatoslav, et cherchant la grâce et la vérité, la Grande-Princesse Olga, en l’été 954, fit voile avec une grande flotte vers Constantinople. C’était une expédition pacifique, combinant des tâches de pélerinage religieux et de mission diplomatique, mais les considérations politiques lui commandaient à ce qu’en même temps cela soit une démonstration de la puissance militaire de la Rus’ sur la Mer Noire, qui raffrichirait la mémoire des hautains « Romanoi » (les Grecs Byzantins) sur les campagnes victorieuses d’Askol’d et Oleg, qui, en 907, arrivèrent avec leurs boucliers « sous les portes de Constantinople ».

Le résultat rencontra toute les espérances. L’apparition de la flotte Russe dans le Bosphore créa l’effet nécessaire pour faire naître le dialogue Russo-Byzantin. D’un autre côté, la capitale du sud toucha la grave fille du Nord, avec ses variétés de beautés, et la grandeur de son architecture, et le mélange de peuples païens et du monde entier. Mais une impression particulière se produisit en elle par la richesse des églises Chrétiennes, et les saintes choses qui y étaient préservées. Constantinople-Constantinople, « la ville de l’impérial César-Tsar », l’empire Grec Byzantin, s’efforçait d’être en tout digne de sa Céleste Médiatrice. Depuis sa fondation (ou pour être précis, restauration), la ville avait été consacrée à la Très Sainte Mère de Dieu, en 330, par le saint égal-aux-Apôtres Constantin le grand (21 mai) – cet évènement eut lieu dans l’Eglise Grecque un 11 mai, et de là il passa dans la commémoration Russe. La princesse Russe fut présente aux divins offices dans les plus belles églises de Constantinople : Sainte Sophie, la Mère de Dieu à Blachernae, et d’autres.

Dans son coeur, la sage Olga sentit le désir pour la sainte Orthodoxie, et elle prit la décision de devenir Chrétienne. Le Sacrement du Baptême lui fut administré par le patriarche Théophilacte de Constantinople (933-956), et son parrain fut l’empereur Constantin Porphyrogénète (912-959). Elle reçut Hélène comme nom de Baptême, en l’honneur de la sainte égale-aux-Apôtres Hélène (21 mai), mère de saint Constantin, et aussi celle qui découvrit la Vénérable Croix du Seigneur. Dans une parole édifiante à la conclusion du rite, le patriarche dit : « Tu es bénie entre les femmes de Russie, en ce que tu as abandonné les ténèbres et aimé la Lumière. Le peuple Russe te bénira dans les générations futures, et de ton petit-fils et arrière-petit-fils jusque tes plus lointains descendants ». Il l’instruisit dans les vérités de la Foi, les règles de l’Eglise, et la prière. Il lui expliqua ce qui concernait le jeûne, la chasteté et la charité. « Elle, cependant », dit le moine Nestor, « tenait sa tête courbée et se tenait, littéralement, comme une éponge absorbant l’eau, écoutant les enseignements, et se courbant devant le patriarche, elle dit, « par tes prières, O maître, que je sois préservées des ruses des ennemis ».