DIOCÈSE D'EUROPE OCCIDENTALE DE L'ÉGLISE ORTHODOXE SERBE
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Saints Jean, Serge, Patrice, moines-martyrs du monastère Saint Sabbas

Publié le 08/02/2016

Saints Jean, Serge, Patrice, moines-martyrs du monastère Saint Sabbas
Saints Jean, Serge, Patrice, moines-martyrs du monastère Saint Sabbas

En l’an 796 les Sarrasins affrontèrent en une guerre sanglante les tribus bédouines disséminées en Palestine, avec pour conséquence que les uns et les autres pillèrent sans pitié les villages et les villes des Chrétiens. C’est ainsi qu’ils mirent à sac la ville d’Eleuthéropolis, en la laissant vide d’habitants, et razzièrent Gaza, Ascalon et d’autres cités. Nombre d’habitants des campagnes s’étaient réfugiés à Jérusalem, dont on s’empressa de renforcer les fortifications, et on parvint, avec l’aide de Dieu, à repousser l’assaut des barbares. Battant en retraite, ceux-ci tournèrent leur rage contre les Monastères de cette région et s’abattirent comme un nuage de sauterelles sur la laure de Saint-Chariton, pillèrent les villages alentours, puis ils se dirigèrent vers la prestigieuse laure de Saint-Sabas, qui résista cependant à leurs assauts.

Plusieurs mois passèrent sous la menace constante d’une incursion de ces loups du désert et, nuit et jour, les moines suppliaient Dieu de leur faire miséricorde, en s’exhortant mutuellement à endurer toute épreuve, et même la mort, sans quitter le lieu de leur renoncement, conformément aux engagements pris lors de leur profession monastique. Ils disaient : « Comment ceux qui ont quitté une fois pour toute le monde pour suivre le Christ qui a dit : Ne craignez pas celui qui tuent le corps (Mat. 10, 28), retourneraient-ils dans le monde par une crainte humaine? Notre seul rempart c’est le Christ, et notre cuirasse pour repousser les traits des ennemis, le Saint Esprit, avec le bouclier de la foi et les Anges qui se tiennent invisiblement autour de nous pour nous garder. Ce n’est pas par amour de la vie que nous sommes venus habiter ce désert implacable. Pour nous vivre c’est le Christ et mourir est un gain (Phi l. 1, 2 1). »

Le diable rassembla alors une soixantaine de barbares, que la crainte d’une expédition byzantine avait dispersés dans le désert, et il les envoya à l’assaut de la laure. Quelques moines s’avancèrent au-devant de la troupe hurlante avec des paroles de paix, en leur rappelant l’hospitalité et l’assistance que le Monastère offrait sans distinction aux Chrétiens et aux Sarrasins. Pour toute réponse les barbares exigèrent qu’on leur livrât l’or du Monastère. Comme les Pères répondaient qu’ils ne possédaient pas même le nécessaire pour leur nourriture et leur vêtement, les Sarrasins bandèrent leurs arcs et blessèrent de leurs flèches environ trente Pères. Puis, après avoir pillé ce qu’ils trouvaient à proximité, ils mirent le feu aux cellules. Voyant alors une troupe s’avancer au loin, ils se retirèrent; mais, six jours après, pendant la Vigile du dimanche, on annonça qu’ayant réuni d’autres bandes éparses, ils s’avançaient, en grand nombre cette fois, vers la Laure. Ils s’abattirent avec fureur sur les Moines, dépeçant les uns comme des animaux de boucherie, écrasant la tête des autres à coups de pierres et poursuivant ceux qui avaient pris la fuite jusque dans le creux des rochers. Comme ils approchaient d’une de ces cavernes où ils avaient deviné une présence humaine, un des cinq Moines qui s’y étaient réfugiés sortit généreusement, en s’offrant à la cruauté des barbares pour sauver ses frères.

Ils rassemblèrent ensuite le reste de la communauté sur le parvis de l’Eglise, exigeant toujours qu’on leur livrât les trésors et qu’on leur désignât les supérieurs. Comme les Pères gardaient le silence, ils les enfermèrent dans le souterrain que Saint Sabas utilisait jadis pour passer de sa cellule à l’Eglise, et les enfumèrent. Dix-huit Moines périrent alors asphyxiés, et on tira les autres à l’extérieur pour les piétiner et les couvrir de coups avant de saccager l’Eglise et les cellules. Les pillards se retirèrent finalement, en laissant derrière eux vingt victimes et de nombreux blessés graves. Quelque temps plus tard, la colère divine décima par une épidémie de peste tous les barbares coupables de cet attentat contre les serviteurs de Dieu.