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Saint Vladimir de Kiev

Publié le 13/02/2016

Saint Vladimir de Kiev
Saint Vladimir de Kiev

Il existe peu de noms dans les annales de l’histoire qui peuvent se comparer en signification avec le nom du saint Egal-aux-Apôtres Vladimir, le Baptiseur de la Rus’, qui se tient à jamais à l’origine de la destinée spirituelle de l’Eglise Russe et du peuple Russe Orthodoxe. Vladimir fut le petit-fils de sainte Olga, et le fils de Svyatoslav (+ 972). Sa mère, Malusha (+ 1001), était la fille de Malk Liubechanin, que les historiens identifient avec Mal, prince de Drevlyani. Ayant réprimé une révolte des Drevlyani et conquit leurs cités, la princesse Olga avait fait exécuter le prince Mal pour avoir essayé d’en faire sa femme après qu’il eut assasiné son mari Igor, et elle prit pour elle-même les enfants de Mal, Dobrynya et Malusha. Dobrynya grandit et devint un brave et vaillant guerrier, avec le sens des responsabilités étatiques, et il fut par la suite un excellent adjoint de son neveu Vladimir en matière d’affaires militaires et d’administration de l’Etat.

« L’habile fille » Malusha devint Chrétienne (en même temps que la grande princesse Olga, à Constantinople), mais elle conserva en elle un peu de la mystérieuse ténèbre des païens des forêts Drevlyanes. Elle tomba amoureuse de l’austère guerrier Svyatoslav, qui, contre la volonté de sa mère Olga, en fit sa femme. Olga, en colère, regardant comme intolérable que la femme à tout faire de sa maison, sa servante captive, soit mariée à son fils Svyatoslav, héritier de la Grande Principauté de Kiev, envoya Malusha au loin dans son pays natal, près de Vybut. C’est là que vers 960, elle mit au monde un garçon portant le nom païen Russe de Volodimir, signifiant « dirigeant pacifique », dirigeant avec un talent particulier pour la paix.

En 970, Svyatoslav partit pour une campagne dont il ne devait jamais revenir. Il avait partagé sa Terre Russe entre ses 3 fils. Yaropolk devint prince de Kiev; Oleg reçt Ovrucha, le centre des pays Drevlyani; et Vladimir eut Novgorod. Durant ses premières années comme prince, nous voyons Vladimir en cruel païen. Il mena une campagne contre Yaropolk le Chrétien, ce qui lui valut la sympathie de la Rus’ païenne, ou de toute manière, selon les chroniques, « ayant donné une grande liberté aux Chrétiens », le 11 juillet 978, il entra dans Kiev, étant devenu le seul dirigeant du royaume de Kiev, « ayant vaincu les pays avoisinants, certains de manière pacifique, et les insoumis par l’épée ».

Bien que Vladimir s’autorisa une vie sauvage et sensuelle, il n’était pas ce libertin qu’on décrit parfois. Il « dirigea son pays avec vérité, valeur et raison », en maître bon et diligent, par nécessité il étendit et défendit ses frontières par la force des armes, et au retour de ses campagnes militaires, il faisait pour ses compagnons et le tout Kiev des fêtes libérales et joyeuses.

Mais le Seigneur le préparait pour une autre tâche. Là où le péché abonde, là, selon les mots de l’Apôtre, la grâce surabonde (Romains 5,20). « Et vint le visiter le Très Haut, et l’oeil Miséricordieux du Dieu Bon se posa sur lui, et lui vint la pensée en son coeur, et la compréhension de la vanité des illusions idolâtres, l’invitant à se tourner vers le Dieu Un, Créateur de toutes choses visibles et invisibles. » L’acceptation du Baptême fut facilitée par des circonstances externes. L’empire Byzantin était secoué par les chocs des régiments mutins de Bardas Skliros et Bardas Phokas, chacun voulant s’emparer du trone impérial. Dans ces circonstances difficiles, les empereurs corégents et frères, Basil le Massacreur des Bulgares et Constantin, se tournèrent vers Vladimir pour avoir son aide.

Les évènements se développèrent rapidement. En Août 987, Bardas Phokas s’auto-proclama empereur et fit mouvement vers Constantinople, et à l’automne de la même année, les émissaires de l’empereur Basile étaient à Kiev. « Et ayant épuisé sa richesse (Basile), il fut contraint de conclure une alliance avec l’empereur des Russes. Ils étaient ses ennemis, mais il sollicita leur aide », écrit une des chroniques Arabes des évènements dans les années 980. « Et l’empereur des Russes y consentit, et fit cause commune avec lui ».

Comme récompense pour son aide militaire, Vladimir demanda la main d’Anna, la soeur de l’empereur, ce qui pour les Byzantins représentait le comble de l’inconvenance. Une princesse de lignée impériale ne se marriait pas avec un dirigeant « barbare », même s’il était Chrétien. En même temps, l’empereur Otton le Grand voulait Anna pour épouse de son fils, ce qui lui fut refusé. Cependant, dans le cas de Vladimir, Constantinople fut obligé de consentir.
Un accord fut conclut, selon lequel Vladimir devait envoyer 6.000 Varangues à l’empereur, et accepter le saint Baptême. A ces conditions, il recevrait la main de l’impériale fille Anna. Ainsi, au travers des conflits humains, la volonté de Dieu dirigea l’entrée de la Rus’ dans le coeur remplit de grâce de l’Eglise Oecuménique. Le grand prince Vladimir accepta le Baptême, et envoya l’assistance militaire aux Byzantins. Avec l’aide des Russes, les mutins furent écrasés, et Bardas Phokas tué. Mais les Grecs, réjouis de leur innatendue délivrance, ne s’empressèrent pas d’accomplir leur part du marché.

Vexé par la duplicité Grecque, le prince Vladimir « se dépêcha de rassembler ses forces », et il fit route « contre Korsun, la ville Grecque », l’ancienne Chersonèse. Le rempart « impénétrable » du royaume Byzantin sur la Mer Noire tomba. C’était un des ponts d’importance vitale sur les routes économiques et marchandes de l’empire. Ce coup fut si fortement ressenti qu’il y en eu des échos dans toutes les régions Byzantines.

Vladimir avait à nouveau la main haute. Ses émissaires,, les commandants Oleg et Sjbern arrivèrent vite à Constantinople pour chercher l’impériale fille. La préparation d’Ann dura 8 jours, durant lesquels ses frères la consolèrent, insistant sur la signification de l’opportunité s’ouvrant à elle : permettre l’illumination du royaume Russe et de ses terres, et pour en faire pour toujours des amis du royaume Byzantin. Saint Vladimir l’attendait à Taurida, et à ses titres s’en ajouta un nouveau : Caesar (Tsar). Les hautains dirigeants de Constantinople eurent en effet aussi à accepter cela, déposer sur leur nouveau beau-frère les insignes impériaux. Chez certains des historiens Grecs, saint Vladimir est appelé depuis cette époque un « puissant basileios-roi », il bat monnaie dans le style Byzantin et il est dépeint avec les symboles du pouvoir impérial : atours impériaux, et sur sa tête, la couronne impériale, et dans sa main droite, le sceptre avec la croix.

Ensemble avec l’impératrice Anna, arriva pour le Siège Russe le métropolite Michel, ordonné par le saint patriarche Nicolas 2 Chrysoberges. Il vint avec son escorte et son clergé, nombre de saintes reliques et autres saintes choses. Dans l’ancienne Chersonèse, où chaque pierre rappelle Saint André le Premier-Appelé, là eu lieu le mariage-couronnement de saint Vladimir et de la bienheureuse Anna, tout deux se rappelant et affirmant de même l’unité de l’Evangile du Christ en Rus’ et dans le Byzantium. Korsun, « la dot de l’impératrice », fut rendue à Byzance. Au printemps 988, le grand prince et sa femme partirent à travers la Crimée, Taman et le pays d’Azov, qui s’était vu incorporé dans le complexe de son vaste royaume au cour du voyage de retour vers Kiev. Les prêtres ouvraient la route au cortège princier, avec de constants Offices d’Action de Grâce, portant crosses, icônes et saintes reliques. On aurait dit que la Sainte Eglise Oecuménique entrait dans la spacieuse terre Russe, et renouvellée dans les fonts du Baptême, la Sainte Russie vint à la rencontre du Christ et de Son Eglise.

Alors eut lieu l’évènement inoubliable et très particulier dans l’histoire Russe : le matin du Baptême des Kiévains dans les eaux de la Dniepr. La veille au soir, saint Vladimir déclara à travers la ville : « Si quelqu’un n’entre pas demain dans la rivière, qu’il soit riche ou pauvre, mendiant ou escalve, celui sera mon ennemi ». Le voeux sacré du saint prince fut remplit sans murmure : « tout notre pays glorifia le Christ avec le Père et l’Esprit-Saint en même temps ».

Il est difficile de surestimer la profonde transformation spirituelle du peuple Russe effectuée par les prières de saint Vladimir, dans tous les aspects de sa vie et vision du monde. Dans les pures eaux de Kiev, comme dans un « bain de régénération », se réalisa la transfiguration sacramentelle de l’élément spirituel Russe, la naissance spirituelle de la nation, appelée par Dieu à d’imprévisibles actions de service Chrétien à l’humanité.

« Alors les ténèbres des idoles commençèrent à nous quitter, et l’aube de l’Orthodoxie apparut, et le Soleil de l’Evangile illumina notre pays ». En souvenir de cet évènement sacré, la régénération de la Rus’ par l’eau et l’Esprit, l’Eglise Russe a établit la coutume d’une procession annuelle « vers l’eau » au 1er août. Plus tard, la Fête de la Procession du Vénérable Bois de la Croix Donnatrice de Vie du Seigneur, que la Russie célèbre avec l’Eglise Grecque, fut combinée avec la Fête du Très Miséricordieux Sauveur et de la Très Sainte Mère de Dieu (établie par saint André Bogoliubsky en 1164). Dans cette combinaison de fêtes, on retrouve l’expression précise de la conscience théologique Russe, pour laquelle le Baptême et la Croix sont inséparables.

Partout à travers la Sainte Rus’, des anciennes villes jusqu’aux postes avancés, saint Vladimir donna des ordres pour détruire les sanctuaires païens, de démolir les idoles, et leur faire place dans les forêts vallonées pour des églises, en lesquelles des autels seraient consacrés pour le Sacrifice Non-sanglant. Des églises de Dieu s’érigèrent sur toute la surface du pays, dans les hautes places, et dans le creux des rivières, le long de l’ancienne piste « des Varangues jusqu’aux Grecs », comme autant de signes routiers et lampes de la sainteté nationale. Au sujet de la célèbre activité de construction d’églises de saint Vladimir, le métropolite saint Hilarion de Kiev, auteur de « Paroles sur la Loi et la Grâce », s’exclama : « Ils démolirent les temples païens, et construisirent des églises, ils détruisirent des idoles et produisirent de saintes icônes, les démons s’enfuirent, et la Croix sanctifia les villes ».

Dès les plus anciens sièces de la Chrétienté, on prit l’habitude d’établir des églises par dessus les ruines de sanctuaires païens, ou sur le sang des saints martyrs. Suivant cette pratique, saint Vladimir bâtit l’église de Saint Basile le Grand sur une colline, où se trouvait auparavant un sanctuaire de Perun, et il bâtit l’église en pierre de la Dormition de la Très Sainte Mère de Dieu (Desyatinnaya) sur le lieu du martyre des saints Martyrs Varangues (12 juillet). Le magnifique temple était prévu pour devenir la cathédrale du métropolite de Kiev et toute la Rus’, et donc l’autel premier de l’Eglise Russe. Il fut bâtit en 5 ans, et richement décoré avec des fresques, croix, icônes et vases sacrés, apportés de Korsun. Le jour de la consécration de l’église de la Très Sainte Mère de Dieu, le 12 mai (certains manuscrits disent le 11), fut inclut dans le calendrier de l’Eglise comme célébration annuelle, sur ordre de saint Vladimir. Cet évènement fut relié à d’autres évènements célébrés le 11 mai, et il fournit à la nouvelle Eglise un double sens de continuité. En ce jour, le calendrier indique la Fondation ecclésiale de Constantinople « dédicacée par le saint empereur Saint Constantin comme la nouvelle capitale de l’empire Romain, la ville de Constantin est dédiée à la Très Sainte Mère de Dieu » (330). Ce même 11 mai, l’église de Sophia, la Sagesse de Dieu, fut consacrée à Kiev (en 960, sous sainte Olga). Saint Vladimir, ayant la cathédrale consacrée à la Très Sainte Mère de Dieu, suivit l’exemple de saint Constantin en dédia la ville capitale de la Terre Russe (Kiev) à la Reine des Cieux.

La dîme fut établie pour l’Eglise; et du fait que cette église était devenue le centre de la collecte de toute la Russie pour la dîme d’église, ils l’appelèrent l’église Dîme. Le plus ancien texte de cette reconnaissance, ou la règle d’église par le saint prince Vladimir, dit ceci : « Par la présente j’accorde à l’église de la très Sainte Mère de Dieu un dixième de toutes mes possessions princières, et aussi à travers toute la terre Russe la dîme de toute la juridiction princière, dîme de peaux d’écureuil, et de la part des marchands, la dîme de la semaine, et de toute les maisonnées, la dîme annuelle de chaque troupeau et du gagne-pain, en faveur de la Mère de Dieu et du merveilleux Sauveur ». La reconnaissance stipulait aussi que les « gens d’église » étaient libres de la juridiction du prince et de ses « tiuni » (officiels), et les plaçait sous la juridiction du métropolitain.

La chronique a conservé une prière de saint Vladimir, avec laquelle il s’adressa au Tout-Puissant durant la consécration de l’église Dîme de la Dormition : « O Seigneur Dieu, regarde du haut des Cieux et vois, celui que Tu as convertit en coeur et esprit pour qu’il Te connaisse, Toi, le Vrai Dieu. Et vois en ceci Ton église, que Ton indigne serviteur a bâtie au nom de la Mère Qui Te donna naissance, la Toujours-Vierge Mère de Dieu. Et que quiconque prie dans cette église, que sa prière soit entendue, par les prières de la Toute-Pure Mère de Dieu. »

Avec l’église de la Dîme et l’évêque Anastasios, certains historiens ont relié le début de la rédaction des chroniques Russes. A cette époque fut compilée la Vie de sainte Olga, et le récit des Martyrs Varangues dans leur forme originelle, et de la même manière le « Récit, comment lors de la Prise de Korsun, Vladimir en vint à être Baptisé ». C’est à ce moment-là aussi qu’eut lieu l’ancienne rédaction grecque des Vies des Saints Martyrs Boris et Gleb.

Durant l’époque de saint Vladimir, le siège métropolitain de Kiev fut occupé successivement par le métropolite Saint Michel (30 septembre), le métropolite Théophilacte, qui transféra à Kiev le siège de Sébaste d’Arménie (991-997), le métropolite Léonce (997-1008), et le métropolite Jean 1 (1008-1037). Par leurs efforts, les premiers diocèses de l’Eglise Russe furent créés : à Novgorod (premier représentant, saint Joachim de Korsun, + 1030, compilateur de la Chronique Joachimov), Vladimir-Volyn (créé 11 mai 992), Chernigov, Pereslav, Belgorod et Rostov. « Et ainsi donc à travers toutes les villes et villages s’établissaient des églises et des monastères, et le clergé s’accroissait, et la Foi Orthodoxe fleurissait bien et brillait comme le soleil ».

Pour faire grandir la Foi parmi les peuples nouvellement illuminés, des gens instruits et des écoles étaient requises pour aider à les préparer. Dès lors, saint Vladimir et le saint métropolite Michel « recommandèrent aux pères et aux mères de prendre leurs jeunes enfants et de les envoyer vers les écoles pour y apprendre à lire et à écrire ». Saint Joachim de Korsun fonda une telle école à Novgorod, et ils firent de même dans d’autres villes. « Et il y eut là une multitude d’écoles d’érudits, et parmi eux une multitude de philosophes ».

D’une main ferme, saint Vladimir tint les ennemis en échec aux frontières, et construisit des villes fortifiées. Il fut le premier dans l’histoire Russe à établir des « frontières crenellées », une ligne de points défensifs contre les peuplades nomades. « Volodimir commença à établir des villes le long de la Desna, le long de la Vystra, le long de la Trubezha, le long de la Sula et de la Stugna. Et il fit s’y installer des Novgorodiens, des Smolyani, des Chuds et des Vyatichi. Il mena la guerre contre les Pechenegs et les battit ». Mais la véritable raison de son succès fut la prédication Chrétienne pacifique parmi les païens des steppes.

Dans les Chroniques Nikol’sk, à l’année 990 on trouve : « Et en cette même année virent à Kiev, auprès de Volodimir, 4 princes de parmi les Bulgares, et ils furent illuminés par le Divin Baptême ». L’année suivante « le prince Kuchug des Pecheneg vint et accepta la foi Grecque, et il fut Baptisé au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et servit Vladimir avec un coeur pur ». Sous l’influence du saint prince, nombre de gens apparement étrangers furent aussi baptisés. Par exemple, le « koenig » (roi) Norvégien, Olaf Trueggvason (+ 1000) qui vécut plusieurs années à Kiev, et aussi le renommé Thorvald le Voyageur, fondateur d’un monastère de Saint-Jean le Précurseur le long de la Dniepr près de Polotsk, parmi d’autres. Dans la lointaine Islande, le poète-skald appelle Dieu le « Protecteur des Grecs et des Russes ».

En plus de la prédication Chrétienne, il y avait les renomées fêtes de saint Vladimir. Après la Liturgie les Dimanche et Fêtes d’Eglise, on dressait d’abondantes tables festives pour les Kiévains, les cloches sonnaient, les coeurs chantaient les louanges, « l’infirme transporté » chantait des ballades-bylini et des versets spirituels. Le 12 mai 996, par exemple, à l’occasion de la consécration de l’église de la Dîme, le prince « fit une lumineuse fête ». Il distribua des biens « à nombre de pauvres, d’indigents et de vagabonds, et aux églises et monastères. Aux malades et nécessiteux, il fit livrer à travers les rues de la ville des tonneau et barrils d’hydromel, et du pain, et de la viande, et du poisson, et du fromage, souhaitant que tous puissent venir et manger, glorifiant Dieu ». De la même manière, des fêtes étaient célébrées en l’honneur des victoires des guerriers de Kiev, et des régiments de l’escorte de Vladimir : de Dobrynya, Alexandre Popovich, Rogda l’Intrépide.

En 1007, saint Vladimir fit transférer les reliques de sainte Olga à l’église de la Dîme. Quatre ans plus tard, en 1011, son épouse et compagne de nombre de ses entreprises, la bienheureuse impératrice Anna, y fut aussi enterrée. Après sa mort, le prince épousa en secondes noces la jeune fille du Germain Graf Kuno von Enningen, petite-fille de l’empereur Otton le Grand.

L’ère de saint Vladimir fut une période cruciale pour la formation de la Rus’ Orthodoxe. L’unification des terres Slaves et la formation de frontières étatiques sous le domaine des Rurikovichi résulta d’une vigoureuse et difficile lutte spirituelle et politique contre les tribus et états voisins. Le Baptême de la Rus’ par la Byzance Orthodoxe fut l’étape la plus importante dans son auto-accession au rang d’Etat. L’ennemi principal de Vladimir devint Boleslav le Brave, dont les plans prévoyaient l’unification extensive des tribus Slaves occidentales et orientales sous l’égide de la Pologne catholique-romaine. Cette rivalité était déjà née lorsque Vladimir était encore païen : « En l’année 6489 (981), Volodimir partit contre les Lakhs et prit leurs villes, Peremyshl, Cherven, et d’autres cités, qui devinrent Rus’. » Les années finales du 10ième siècle furent de même remplies des guerres de Vladimir et Boleslav.

Après une brève accalmie (la première décade du 11ième siècle), la « grande confrontation » entra dans une nouvelle phase : en 1013, on découvrit à Kiev une conspiration contre saint Vladimir. Svyatopolk le Satanique, qui était marrié à une fille de Boleslav, aspirait au pouvoir. L’instigateur de la conspiration était un clerc de Boleslav, l’évêque catholique-romain de Kolobzheg, Reibern.

La conspiration de Svyatopolk et Reibern était une menace majeure pour l’existence historique de l’Etat Russe et l’Eglise Russe. Saint Vladimir prit des mesures décivises. Les 3 concernés furent arrêtés, et Reibern mourrut bientôt en prison.

Saint Vladimir ne se vengea pas de ceux qui « s’opposaient à lui et le haïssaient ». Feignant se repentir, Svyatopolsk fut libéré.

Un nouveau malheur survint au nord, à Novgorod. Yaroslav, pas encore « le Sage », comme il sera surnommé plus tard, était devenu chef de Novgorod en 1010; il décida de faire défection à son père le grand prince de Kiev. Il forma sa propre armée, fit route sur Kiev pour demander le tribut coutumier et la dîme. L’unité de la terre Russe, pour laquelle saint Vladimir avait lutté toute sa vie, était menacée de ruine. Tant de colère que de tristesse, saint Vladimir ordonna de « sécuriser les barrages et d’occuper les ponts », et de se préparer à une campagne contre Novgorod. Sa puissance était en déclin. Dans la préparation pour sa campagne finale, qui heureusement n’eut pas lieu, le Baptiseur de la Russie tomba gravement malade et rendit son âme au Seigneur dans le village de Spas-Berestov le 15 juillet 1015. Il avait gouverné le royaume Russe durant 37 ans (978-1015), dont 28 après son Baptême.

Se préparant à une nouvelle lutte pour le pouvoir et espérant l’assistance des Polonais, et pour gagner du temps, Svyatopolk tenta de cacher la mort de son père. Mais de nobles patriotes de Kiev, de nuit, emportèrent secrètement le corps du défunt souverain hors de la cour de Berestov, où des hommes de Svyatopolk le gardaient, et ils le convoyèrent jusqu’à Kiev. A l’église de la Dîme, le cercueil avec les reliques de saint Vladimir fut rencontré par le clergé de Kiev, avec le métropolite Jean à la tête de la procession. Les saintes reliques furent placées dans un tombeau en marbre, à l’intérieur de la chapelle Saint-Clément de l’église de la Dormition, au côté du tombeau en marbre de l’impératrice Anna.

Le nom et les actions du saint Egal-aux-Apôtres saint Vladimir, que le peuple appelait le Soleil Radieux, est entrelacé avec toute l’histoire ultérieure de l’Eglise Russe. « A travers lui, nous aussi nous avons pu connaître et louer le Christ, la Vraie Vie », attesta saint Hilarion. Ses actions furent continuées par ses fils, et petit-fils, et descendants, dirigeants de la terre Russe durant près de 6 siècles, de Yaroslav le Sage, qui franchit les premiers pas vers une existence indépendante de l’Eglise Russe, jusqu’au dernier des Rurikovichi, le Tsar Théodore Ioannovich, sous lequel (en 1589), l’Eglise Russe Orthodoxe devint le 5ième Patriarcat indépendant dans les dyptiques des Eglises Orthodoxes Autocéphales.

La célébration festive du saint Egal-aux-Apôtres Vladimir fut établie sous saint Alexandre Nevsky, en mémoire de l’intercession de saint Vladimir le 15 mai 1240, pour son aide à obtenir la célèbre victoire de Nevsky contre les croisés Suédois.

Mais la première vénération du saint prince commença bien plus tôt en Rus’. Le métropolite de Kiev, saint Hilarion (+ 1053), dans son « Paroles sur la Loi et la Grâce », prononcé le jour de la mémoire de saint Vladimir en la crypte du saint à l’église de la Dîme, l’appelle « un souverain apostolique », comme saint Constantin, et il compare son évangélisation apostolique de la terre Russe avec l’évangélisation par les saints Apôtres.