DIOCÈSE D'EUROPE OCCIDENTALE DE L'ÉGLISE ORTHODOXE SERBE
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Saint Prophète Amos

Publié le 13/02/2016

Saint Prophète Amos
Saint Prophète Amos

Né à Teqoa, non loin de Bethléem, Amos, berger et cultivateur (7, 14), devient par appel le premier des prophètes d’Israël. Sa parole retentit sous le long règne de Jeroboam II, dans le Nord. (783-743), durant une période fastueuse de prospérité: demeures luxueuses, nourriture raffinée, réjouissances effrénées… qui malheureusement ne profitent qu’aux puissants qui bafouent les droits des pauvres.

Amos prend la défense des opprimés et de son Dieu. Il s’insurge avec violence contre la corruption d’Israël (dignitaires, riches propriétaires et prêtres confondus) et le convoque, non à une rencontre d’intimité comme le fera Osée, mais à une rencontre de jugement et de châtiment: « Prépare-toi, Israël, à rencontrer ton Dieu » (4,12). Il faut rendre des comptes au Dieu qui a choisi le parti des victimes. Amos est profondément attaché aux questions de dignité humaine, de justice sociale et de libération des pauvres. Mépriser l’homme, c’est mépriser Dieu. Chez lui pas de compromission ni de complaisance avec les puissants et les riches. La parole de Dieu devient une « parole contre ».

Avec violence il s’en prend aux sanctuaires où le culte est vidé de son sens à cause de l’immoralité et de l’injustice criante du peuple de l’Alliance.
Les actions punitives de Dieu laissent Israël dans la même indifférence: « vous n’êtes pas revenus à moi » (4, 6-11). Le Dieu d’Amos est un Dieu en colère. Il « rugit » (1, 2), il demeure intraitable: Je l’ai décidé sans retour! (1,3.6.9.11.13; 2,1.4.6), c’est la répudiation totale, le rejet d’un culte hypocrite qui ne convertit ni le cœur ni l’action en faveur des sans droits! Je déteste, je méprise vos fêtes, je n’ai que dégoût, (5, 21).

Nous trouvons ici une critique encore jamais entendue contre le culte et les prêtres. A ce faux culte il faut substituer le droit et la justice.
Cependant le prophète ne s’accommode pas de la situation. Il garde l’espérance, réveille les consciences, intercède auprès de Dieu: Seigneur, mon Dieu, je t’en prie, Jacob pourrait-il tenir? Il est si petit. (7,5; 7,2) Le Seigneur entend sa prière. Un reste subsistera (9,8b; 7,3; 7,6), signe de l’espérance divine. Pédagogue, Dieu montre la voie pour en sortir. (5,4-6, 14, 15; 9,11-15). Pour lui, Dieu ne détruira pas sa création: Je relèverai…je colmaterai…, associant Israël à la reconstruction d’un monde réconcilié dans la justice, le droit et le partage (9,11-15).