DIOCÈSE D'EUROPE OCCIDENTALE DE L'ÉGLISE ORTHODOXE SERBE
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Saint Cyrille de Jérusalem

Publié le 08/02/2016

Saint Cyrille de Jérusalem
Saint Cyrille de Jérusalem

Notre Saint Père Cyrille naquit probablement à Jérusalem, vers 315, de parents pieux et Orthodoxes. Il fut ordonné Prêtre par l’Archevêque Saint Maxime qui le chargea de la formation des Catéchumènes. Homme de paix, humble et doux, plus préoccupé de l’édification des fidèles que des interminables controverses doctrinales qui déchiraient l’Eglise après le Concile de Nicée, il évitait d’employer le mot « consubstantiel » (homoousios) mais partageait pleinement la Foi Orthodoxe. Cette réserve fit croire aux ariens qu’il était de leur parti et, lorsqu’à la mort de Maxime (347), il fut élu par le peuple pour lui succéder, le métropolite arien de Césarée de Palestine, Acace, dont dépendait alors Jérusalem, agréa l’élection et l’ordonna Evêque. Mais il dut bientôt reconnaître amèrement sa méprise, car le nouvel Evêque enseignait clairement la Doctrine Orthodoxe sur la divinité du Fils et Verbe de Dieu en expliquant le Symbole de Foi aux Catéchumènes dans ses Catéchèses baptismales. Tel le Bon Pasteur, il gouverna avec sagesse la Ville Sainte qui, grâce aux constructions entreprises par Saint Constantin le Grand, retrouvait une nouvelle gloire et attirait un grand nombre de pèlerins venus de toutes les extrémités du monde chrétien. En 351, il fut témoin comme tous les habitants de l’apparition merveille d’une immense Croix lumineuse dans le ciel, du Golgotha au Mont des Oliviers, et il écrivit à l’empereur Constance pour l’en informer. Il contribua aussi à l’organisation des fêtes et des processions dans les Lieux saints, qui deviendront le fondement de maintes fêtes générales de l’Eglise. Quelques années après, il présenta au Métropolite de Césarée une requête, dans laquelle il demandait la reconnaissance des privilèges apostoliques de Jérusalem, que les Pères du Concile de Nicée avaient reconnus sans les définir exactement. Cette revendication déclencha la haine d’Acace qui, sous prétexte qu’en temps de famine Cyrille avait vendu des Vases Sacrés et des Ornements Liturgiques de la Basilique de la Résurrection pour nourrir les pauvres, le convoqua à son tribunal ecclésiastique, en vue de le condamner. Comme Cyrille ne se rendait pas à ses convocations réitérées, il le déposa et le fit expulser par la force de Jérusalem, en mettant à sa place un arien. Saint Cyrille fit appel, demandant que l’affaire soit soumise à une autorité ecclésiastique supérieure; et, en attendant, il trouva refuge à Tarse, en Cilicie, auprès de l’Evêque Silvain. En dépit des menaces d’Acace, celui-ci l’accueillit fraternellement et lui demanda de prêcher au peuple qui l’écoutait avec enthousiasme, comme un homme vraiment apostolique. Le concile réuni à Séleucie en 359 lui rendit justice et déposa Acace. Mais la sentence n’eut pas le temps d’être mise à exécution, car le Métropolite de Césarée, se précipitant à Constantinople, fît pression auprès de l’empereur Constance pour qu’il annule la décision du concile, et il fit confirmer la déposition de Cyrille par un conciliabule d’évêques ariens (360).

Lorsque, peu après, Julien l’Apostat prit le pouvoir, Saint Cyrille put profiter des mesures de tolérance religieuse prises par l’empereur afin de préparer sa restauration du paganisme, et il rejoignit son siège avec tous les autres Evêques exilés au temps de Constance. Mais ce ne fut que pour affronter de nouvelles tribulations. Incités par l’empereur, les païens de Gaza se soulevèrent alors contre les Chrétiens, en faisant de nombreuses victimes, puis ils détruisirent le Monastère de Saint Hilarion (cf. 21 oct.) et dispersèrent ses moines. Comme l’Apostat voulait démontrer la fausseté des Prophéties du Christ concernant la ruine définitive du Temple de Jérusalem (cf. Mat. 24:2), détruit par les Romains sous Tite, il permit aux Juifs de le reconstruire. Mais, conformément à la prédiction de Saint Cyrille, les travaux furent bientôt arrêtés par un terrible tremblement de terre, qui renversa même les fondations de l’ancien Temple, et un feu, sortant des fondements, consuma certains ouvriers, en mutila d’autres, laissant à tous les marques les plus visibles de la colère divine.

Après la disparition de Julien, le calme étant rétabli, Cyrille put reprendre son oeuvre pastorale et, à la mort d’Acace, il fit élire son neveu comme Métropolite de Césarée. Mais, par leurs intrigues, les ariens convainquirent l’empereur Valens (364-378) de déposer le Saint Evêque de Jérusalem et de le condamner à un nouvel exil, ainsi que tous les autres Evêques bannis sous Constance (367). A la mort de Valens, Saint Cyrille put regagner son diocèse, au bout de douze ans d’absence, mais il eut la douleur de découvrir que certains orthodoxes, influencés par les calomnies des ariens, refusaient de le reconnaître comme leur Evêque légitime et de communier avec lui. C’est pour cette raison que le Concile d’Antioche (379) envoya Saint Grégoire de Nysse (cf. 10 janv.) pour rétablir la paix dans le diocèse de Jérusalem. Ayant échoué, celui-ci se retira découragé et plein de tristesse, laissant Saint Cyrille affronter seul, avec foi et espérance, les divisions dans la Maison de Dieu. Il prit part au IIe Concile OEcuménique (381) réuni par l’empereur Théodose, et contribua à la condamnation définitive de l’arianisme et de ses diverses variantes. Au terme de ses sessions le Concile reconnut solennellement les combats de l’Evêque de Jérusalem pour la cause de l’Orthodoxie. De retour dans sa cité Saint Cyrille put jouir pour peu de temps de la paix qu’il avait restaurée au prix de tant de labeurs, et il s’endormit en 386, après trente-cinq ans d’épiscopat, dont seize se passèrent en exil.