DIOCÈSE D'EUROPE OCCIDENTALE DE L'ÉGLISE ORTHODOXE SERBE
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Saint Athanase le Grand

Publié le 04/02/2016

Saint Athanase le Grand
Saint Athanase le Grand

Notre Saint Père Athanase, la colonne de l’Orthodoxie et la lumière de l’univers, naquit de parents pieux et orthodoxes en 295, juste avant l’éclatement de la grande persécution de Dioclétien (297-313), dans la ville cosmopolite d’Alexandrie, où se côtoyaient les peuples les plus divers et s’affrontaient toutes sortes de cultes et de croyances. Jeune enfant, il n’avait de goût que pour les choses de Dieu et de l’Eglise. Un jour, comme il jouait sur la plage avec des camarades, en reproduisant dans le plus grand sérieux les Offices Ecclésiastiques, Athanase procéda, comme Evêque,au Baptême d’enfants qui n’avaient pas encore reçu la Sainte Illumination. L’Evêque Alexandre le remarqua avec admiration, déclara le Baptême valide et prit le jeune garçon sous sa protection.

Pendant ses études, Athanase n’accorda qu’un intérêt modéré pour les sciences profanes. Il préférait tisser en silence la tunique des saintes vertus par la méditation de l’Ancien et du Nouveau Testaments, et il se retira quelque temps au désert auprès de Saint Antoine, dont il resta toute sa vie le fervent disciple. Puis, de retour à Alexandrie, il fut ordonné Diacre et commença son oeuvre théologique et pastorale. C’est alors qu’il rédigea ses deux premiers ouvrages: le Traité contre les Païens et le Traité sur l’Incarnation du Verbe. Après avoir condamné l’absurdité des philosophies et des croyances païennes, il y montre que le Verbe du Père n’est pas seulement le Créateur du monde, sa Sagesse et sa Providence, mais qu’Il s’est fait aussi Sauveur des hommes tombés dans la corruption. «Le Verbe s’est fait homme pour que nous devenions Dieu». Par notre union au Christ, nous devenons vraiment participants de la nature divine (II Pierre 1:4); car Il n’est pas une simple créature, mais Il est Verbe naturel du Père, Fils unique de Dieu et Dieu, devenu homme pour nous rendre fils adoptifs du Père. Cette conviction absolue allait bientôt devenir pour le Saint, la raison d’être de sa vie et de ses combats. Défenseur inflexible du Dogme de la Divinité du Verbe et de la Foi en la Sainte Trinité, il était ainsi le prédicateur de la sainteté chrétienne et de la possibilité de notre divinisation.

En effet, à cette époque, un prêtre d’Alexandrie, Arius, homme épris de disputes et qui mettait plus sa confiance dans la raison humaine que dans la Foi pour approcher les Mystères de Dieu, commença à semer le trouble dans le peuple, en enseignant que le Verbe de Dieu n’est pas éternel, qu’Il a été créé dans le temps, et que, par conséquent, Il ne peut être appelé Fils de Dieu que par métaphore. Chassée, d’Alexandrie, il se réfugia à Césarée et répandit bientôt la confusion dans tout l’empire, si bien que l’empereur Constantin le Grand décida la convocation d’un grand Concile OEcuménique de toute l’Eglise à Nicée (325) pour déclarer clairement la Divinité du Verbe. Saint Athanase y accompagna le vieil Archevêque Alexandre et joua un rôle si déterminant dans la défense de la vérité qu’il s’attira l’admiration des Orthodoxes et la haine acharnée des hérétiques. Dès lors toute sa vie allait s’identifier à la défense et à la proclamation de la pleine consubstantialité (homoousios) du Verbe et du Père. Le nom d’Athanase allait devenir synonyme de la Foi de Nicée, de la Foi Orthodoxe. A la mort de Saint Alexandre, en 326 (mémoire lé 29 mai), l’ardent Athanase fut unanimement choisi par le peuple d’Alexandrie pour devenir successeur de Saint Marc. Sa première tâche fut de rétablir l’unité et le bon ordre dans son immense diocèse, divisé non seulement par les séquelles de l’hérésie arienne mais aussi par les schismatiques Mélétiens , et par la décadence des moeurs et de la discipline ecclésiastique. Pendant plusieurs années il parcourut toutes les parties de l’Egypte, jusqu’à la frontière éthiopienne, prêchant, et ordonnant des Evêques, et acquit ainsi l’amour du peuple qui le considéra jusqu’à la fin comme son père. Il visitait aussi les innombrables monastères, jusque dans le désert de Thébaïde, et séjourna à Tabennesis, dans la grande congrégation monastique de Saint Pachôme (mémoire le 15 mai), auquel il conféra l’Ordination Sacerdotale.

Or, pendant son absence, les Mélétiens avaient fait circuler sur lui toutes sortes de calomnies, et quand il regagna Alexandrie, il fut accusé d’avoir été ordonné irrégulièrement, d’avoir imposé à son diocèse un pesant tribut, d’avoir usé de toutes sortes de violences contre ses opposants, en particulier d’avoir fait renverser et piétiner le calice d’un prêtre mélétien, et enfin d’avoir soutenu financièrement un complot ourdi contre l’empereur. L’Archevêque n’eut guère de peine à démontrer son innocence, en se rendant à Nicomédie, la résidence impériale. Mais dès son retour, il fut accusé d’avoir fait assassiner l’évêque mélétien d’Ipsale, Arsène, et d’utiliser sa main coupée pour des rites magiques. Athanase fit retrouver Arsène dans le monastère où il s’était caché et fit éclater son innocence au cours du procès en présentant la prétendue victime. Pendant ce temps, Arius, exilé à la suite du concile de Nicée, avait réussi à gagner la faveur de l’empereur, grâce à son ami Eusèbe de Nicomédie, homme de cour fourbe et rusé. Il réussit ainsi à obtenir son rétablissement à Alexandrie et répandit son enseignement dans le peuple par l’intermédiaire de chansons et de maximes. Athanase tenait bon cependant et refusait énergiquement de recevoir l’hérétique dans sa communion. En 335, à l’occasion des fêtes organisées pour le trentième anniversaire de son règne, Constantin réunit un nouveau concile à Tyr (Palestine) afin de rétablir l’ordre. Mais la plupart des participants avaient été choisis parmi les adversaires les plus acharnés d’Athanase. Aussi, lorsque le Saint se présenta avec quarante neuf autres Evêques égyptiens, on refusa l’entrée à ses compagnons et les mélétiens purent exposer tout à leur aise leurs accusations calomnieuses contre Athanase isolé, arguant en particulier qu’il avait empêché la livraison du blé indispensable au ravitaillement de Constantinople. On présenta même une femme qui prétendait avoir été violentée par lui. Athanase fit avancer à sa place un de ses amis et aussitôt la misérable créature, qui n’avait jamais vu le Saint, déclara reconnaître son agresseur, faisant ainsi éclater son imposture. Il était clair que ses ennemis voulaient sa perte à tout prix. Au-dehors la foule, insidieusement excitée, le traitait à grands cris de sorcier, de brute et d’indigne. Athanase prit donc le parti le plus sage, il se déroba et partit en secret pour Constantinople, où il demanda justice à Constantin, en l’interpellant au cours d’une promenade à cheval. Malgré le soutien du peuple d’Alexandrie et les lettres de Saint Antoine à l’empereur, le Saint Evêque fut alors envoyé en exil à Trèves, la capitale des Gaules. On réintégra officiellement Arius dans l’Eglise et l’empereur, influencé par Eusèbe, ordonna à l’archevêque de Constantinople de concélébrer avec l’hérétique. Toutefois l’impie fut frappé par la justice divine et périt de manière ignoble juste avant la célébration, en répandant ses entrailles dans un lieu d’aisance.

Un peu plus de deux ans plus tard, à la mort de l’empereur Constantin, la sentence d’exil fut levée par son fils Constantin II et Saint Athanase put regagner Alexandrie, en faisant un détour par Césarée de Cappadoce et Antioche afin d’y confirmer la Foi Orthodoxe. A son entrée à Alexandrie (le 23 novembre 337), il fut salué par la foule et le Clergé en liesse. Mais Eusèbe de Nicomédie et les ariens ne s’en estimaient cependant pas vaincus. Ils reprirent aussitôt leurs calomnies en déclarant la réintégration d’Athanase irrégulière. Un concile des Confesseurs de la Foi, réuni à Alexandrie (338), assura le Saint du soutien unanime de tout l’Episcopat égyptien, et Saint Antoine lui-même décida alors de sortir de son lointain désert pour se rendre à la capitale et soutenir l’Evêque par le témoignage de sa parole et de ses Miracles (voir le 17 janvier). Ses ennemis rassemblèrent leur propre concile à Antioche et tentèrent d’installer par la force sur le siège d’Alexandrie un certain Grégoire de Cappadoce, en faisant le siège des églises, une à une, pour les enlever aux orthodoxes (339). La ville entière n’était plus qu’émeutes et massacres, aussi Athanase décida-t-il de se retirer provisoirement, pour empêcher l’extension du mal, et il s’enfuit à Rome, après avoir exhorté son Clergé à rester uni contre l’intrus.

Le pape Jules l’accueillit avec bienveillance et accorda tout son soutien à celui qui n’était pas seulement un Evêque en exil, mais qui était devenu le champion de l’Orthodoxie. Il rassembla un concile qui le déclara seul Evêque légitime d’Alexandrie et le reconnut innocent des accusations ridicules portées contre lui. A Rome, Athanase avait retrouvé d’autres confesseurs en exil, comme Saint Paul de Constantinople (voir au 6 novembre). Il continua d’administrer son diocèse par correspondance et contribua grandement à l’essor du monachisme en Occident, en faisant connaître la vie de Saint Antoine et des ascètes égyptiens.

En 343, les deux coempereurs Constant (Occident) et Constance (Orient) décidèrent de réunir un grand concile à Sardique (Sofia) pour trancher la question du siège d’Alexandrie et s’entendre sur une profession de foi. Les Evêques orientaux avaient certes rejeté la personne d’Arius, mais ils s’obstinaient contre le terme «consubstantiel» (homoousiôs). Sans dire ouvertement que le Fils de Dieu est une créature, ils se refusaient pourtant à proclamer sa pleine identité de nature avec le Père. Toute leur opposition contre la Foi du Concile de Nicée se cristallisait en fait sur la personne d’Athanase. Comme ils exigeaient, comme préalable à la réunion du concile, que l’Evêque d’Alexandrie n’y siégeât pas, ils quittèrent la ville avec fracas, en faisant ainsi éclater le schisme entre l’Orient et l’Occident. L’empereur d’Orient, Constance, ayant été gagné à l’Arianisme, empêcha la réintégration des exilés, confirma Grégoire sur le siège d’Alexandrie, pourchassa les Orthodoxes et fit régner la terreur dans tout l’empire.

Après la mort de Grégoire, Constance proposa à plusieurs reprises au Saint, en résidence à Aquilée, de reprendre son siège. C’est finalement sur les instances de Constant, du pape et des dignitaires de la cour qu’Athanase accepta de regagner l’Egypte, en passant par Antioche, où l’empereur l’assura de son soutien et de son admiration, puis Césarée et Jérusalem. En rentrant à Alexandrie, après un exil de plus de six ans, le 21 octobre 346, il fut accueilli par une foule immense, assemblée comme un fleuve d’or de tous les coins de l’Egypte, qui le saluait avec des rameaux de feuillage, des chants et des danses, comme le Christ entrant à Jérusalem. Athanase présent, c’était en effet le Christ présent dans son Eglise en paix. Pendant une dizaine d’années le saint évêque put alors se consacrer à son troupeau spirituel, au développement du monachisme et à l’envoi de missionnaires dans des contrées nouvellement converties, comme Saint Frumence en Ethiopie (30 novembre).

Cette victoire de l’Orthodoxie fut malheureusement éphémère. En 353, Constance devint seul empereur et céda de nouveau à l’influence des ariens qui relançaient, avec une virulence accrue, leurs attaques contre la foi de Nicée et contre la personne d’Athanase. L’empereur fit condamner l’Archevêque d’Alexandrie et contraignit même, sous menace d’exil, les Evêques occidentaux, jusque-là fidèles partisans de l’Orthodoxie, à confirmer la déposition du Saint (Milan, 355). Le pape Libère et le vénérable Osius de Cordoue, âgé de près de cent ans, protestèrent; ils furent exilés sans pitié, ainsi que le grand Saint Hilaire (voir au 13 janvier). Il ne restait plus qu’à procéder à l’expulsion d’Athanase, qui était protégé par tout le peuple d’Alexandrie.

Dans la nuit du 8 février 356, le duc Syrien, à la tête de plus de cinq mille hommes de troupe, investit l’église de Saint-Théonas, où les Chrétiens étaient rassemblés en foule pour célébrer une Vigile. Au milieu des cris et du tumulte, Athanase restait imperturbable sur sa chaire, et entouré- de ces fidèles en rangs serrés, prêts à mourir pour protéger leur pasteur. Finalement, ses amis le tirèrent contre son gré hors de l’église et le persuadèrent de s’enfuir au désert. Des émeutes éclatèrent bientôt dans toute la ville contre les autorités. Les soldats massacrèrent hommes, femmes et enfants, outragèrent les vierges consacrées, pillèrent les lieux de culte. On ordonna de poursuivre Athanase pour sédition et de punir sévèrement toute personne qui l’hébergerait. Sans cesse pourchassé, le Saint était contraint de changer fréquemment de résidence. C’est en particulier chez les moines qu’il trouvait le soutien le plus ferme et l’hospitalité la plus empressée. Il vécut ainsi en fugitif pendant six ans (356-362), en soutenant la Vraie Foi par quantité d’écrits polémiques, d’encycliques et de lettres aux Evêques du monde entier. A Alexandrie, on avait installé sur le trône épiscopal un homme cupide, violent et sans scrupule, Georges de Cappadocce, qui mit bientôt toute l’Egypte à feu et à sang pour soumettre les Orthodoxe. Il exila les Evêques, condamna aux mines tous ceux qui étaient en communion avec Athanase, interdit les réunions de fidèles, fit écorcher ou vifs tous les récalcitrants. Au bout d’une année de telles cruautés, le peuple d’Alexandrie excédé se souleva et l’obligea à s’enfuir (358).

La situation de l’Eglise était alors plus dramatique que jamais. Toutes les grandes voix qui auraient pu s’élever en faveur de l’Orthodoxie et contre les intrusions de l’empereur dans les affaires de l’Eglise, étaient réduites au silence. Partout les sièges épiscopaux étaient vacants ou occupés par des hérétiques. Forts de la faveur impériale, les ariens prirent alors de l’audace et tentèrent d’imposer des formules de foi plus extrémistes, niant absolument la divinité du Fils et toute ressemblance avec le Père (Aèce, Eunome). Les Evêques orientaux, modérés pour la plupart et seulement opposés à la confusion des Personnes divines que pouvait entraîner le mot « homoousios, s’en émurent et déclarèrent que le Fils est d’une essence semblable à celle du Père (homoiousios) (Basile d’Ancyre). Ils parvinrent à gagner Constance à leur doctrine, le convainquirent de condamner les ariens extrémistes et de rappeler d’exil le pape Libère. Saint Athanase et Saint Hilaire de Poitiers profitèrent de ce fléchissement doctrinal pour tenter une conciliation. On réunit deux conciles, à Sirmium pour l’Occident et à Séleucie pour l’Orient (359), afin de s’entendre sur une formule de foi qui aurait pu satisfaire les Orthodoxes nicéens, et les homéoussiens. Mais l’année suivante, au Concile de Constantinople, l’empereur capricieux fit proclamer la doctrine arienne, sous le couvert d’une formulation vague et perfide (homéisme), et la fit imposer par la force dans tout l’empire. Saint Mélèce d’Antioche (mémoire le 12 février) et tous les chefs de file de l’Orthodoxie furent exilés. L’hérésie triomphait partout. «Toute la terre était dans le gémissement, surprise de se voir devenue arienne», écrit Saint Jérôme. Mais le Seigneur veille sur son Eglise, et Il apaisa la tempête au moment où le naufrage semblait inévitable.

En 360, Julien l’Apostat usurpa le pouvoir impérial et proclama d’abord la tolérance pour tous les cultes. Athanase put alors sortir du désert et rentrer à Alexandrie, où il convoqua un Concile réunissant tous les Confesseurs de la Foi dispersés depuis des années. On profita de cette réunion pour définir la divinité du Saint-Esprit, qui commençait à être attaquée à son tour par les hérétiques. Mais la liberté fut bien brève. L’empereur montra bientôt ses véritables intentions et déclencha sa furieuse persécution, dans l’espoir de rétablir le paganisme. Sur l’avis de ses mages et de ses devins, Julien envoya des troupes pour assassiner le champion de la Vraie Foi, Athanase. Mais, gardé par la Grâce de Dieu, le Saint put une fois de plus s’échapper de l’église entourée par les soldats, et prit un bateau pour remonter le Nil vers la Thébaïde. Les hommes de l’empereur le prirent en chasse, et leur embarcation allait bientôt arriver en vue de celle de l’Evêque, quand Athanase ordonna au capitaine stupéfait de virer de bord et d’aller à leur rencontre. Lorsqu’il arriva à leur hauteur, les soldats leur crièrent: «Avez-vous vu Athanase?» Celui-ci répondit, en dissimulant sa voix: «Oui, nous venons juste de le croiser. Hâtez-vous!» Et tandis qu’ils faisaient force de rame, le Saint put continuer sa route par un autre chemin. Il resta plus d’un an en Thébaïde, dans la douce et consolante compagnie des moines de Saint Pachôme, jusqu’à la mort de l’Apostat (363).

Aussitôt monté sur le trône, l’orthodoxe Jovien prit des mesures pour le soutien de la Foi. Il invita Athanase à Antioche pour régler la délicate situation ecclésiastique de ce siège. Mais sa mort prématurée laissa la place à l’impie Valens, qui reprit avec une férocité accrue la politique de Constance. Il ordonna de renvoyer en exil tous les Evêques rappelés par Jovien. Athanase se cacha alors pendant quatre mois dans un cimetière de la banlieue d’Alexandrie, pour échapper aux poursuites du gouverneur. Finalement, l’empereur leva son décret de persécution et ordonna la réintégration du grand Evêque. La foule joyeuse courut de toute part jusquà la cachette du Saint pour le porter triomphalement dans son église (ler février 366). Le peuple était désormais bien décidé à garder coûte que coûte son Pasteur. Après tant de luttes et de souffrances, le vieillard put jouir paisiblement de ses dernières années, entouré de l’amour de ses fidèles et de l’admiration du monde entier. Il passait le flambeau de l’Orthodoxie à Saint Basile, pour continuer le grand combat de la définition du dogme de la Sainte Unité, combat qui ne s’achèvera qu’avec le Second Concile OEcuménique de Constantinople (381).

Saint Athanase remit sa «grande âme apostolique» au Seigneur le 2 mai 375, à l’âge de 75 ans, avec la confiance de celui qui a mené jusqu’au bout le bon combat pour la foi, la justice et la charité. Cinq fois exilé, il avait passé plus de seize ans, sur ses quarante-six années d’épiscopat, éloigné de son troupeau. Mais à tout moment, il n’avait jamais cessé d’être l’Evêque, c’est-à-dire le surveillant», le défenseur irréprochable de la Foi, l’image vivante du Christ, le Grand Prêtre de notre salut. Sa fermeté et son énergie dans les questions dogmatiques n’empêchaient nullement ce soldat du Christ d’être le pasteur humble, doux et compatissant de ses brebis spirituelles, l’ami des moines, le père des orphelins, le secours des pauvres. Par le Verbe qui habitait en lui, il se faisait tout pour tous. Il fut immédiatement honoré dans toute l’Eglise, à l’égal des Patriarches, des Prophètes, des Apôtres et des Martyrs.

Le même jour, la Sainte Eglise joint à la mémoire de Saint Athanase, celle de son successeur sur le trône épiscopal d’Alexandrie, l’ardent Saint Cyrille (412-444). Tout comme le premier avait brillé, seul contre tous, dans la défense de la divinité du Verbe de Dieu, celui-ci dépensa ses forces pour le soutien du Dogme de l’Incarnation, contre l’impie Nestorius. Il montra que le Verbe de Dieu, consubstantiel au Père, confessé par Athanase, a vraiment pris sur lui la nature humaine, qu’Il l’a assumée en sa propre Personne pour la faire communier à Sa nature divine. De sorte qu’avec Athanase et Cyrille, nous pouvons proclamer notre foi en Jésus-Christ, Fils unique et Verbe du Père, l’Un de la Trinité, devenu homme sans changement, connu, aimé et adoré en deux natures, divine et humaine, par qui
et en qui nous avons accès auprès du Père, par la Grâce du Saint-Esprit.