DIOCÈSE D'EUROPE OCCIDENTALE DE L'ÉGLISE ORTHODOXE SERBE
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Saint Alexandre de la Neva

Publié le 18/02/2016

Saint Alexandre de la Neva
Saint Alexandre de la Neva

À l’époque la plus critique de toute l’histoire mouvementée du peuple russe, Saint Alexandre brilla par son courage et ses vertus de chef d’état chrétien: énergique, vaillant, défenseur de la foi et de la justice; il reçut de Dieu la mission d’offrir sa vie au service de son peuple assailli de toutes parts. Dès son plus jeune âge, il fut initié au métier des armes et à l’art du gouvernement par son père Iaroslav, prince de la ville de Peregiaslav; mais il apprit aussi à user de l’un et de l’autre avec sagesse et modération pour la cause de la piété et de la justice, grâce à la fréquentation assidue de l’Eglise et à la méditation des Saintes Ecritures. Alexandre était si beau, si vaillant et se comportait avec un tel esprit évangélique qu’il faisait même l’admiration de ses ennemis.

En 1228, âgé de seulement dix ans, il était devenu avec son frère aîné. prince de la fière et grande ville de Novgorod. Il fit de bonne heure l’expérience des difficultés du gouvernement, car les habitants de la ville étaient divisés en des luttes fratricides qui opposaient les riches au pouvoir et les pauvres écrasés par les taxes et la tyrannie des notables. En 1231, cette situation fut agravée par une terrible famine et un hiver exceptionnellement rigoureux qui firent de nombreuses victimes. Le jeune prince montra alors ses vertus chrétiennes en ouvrant toutes ses réserves et en venant en aide personnellement aux riches comme aux pauvres. Il se fit ainsi aimer de ses sujets et put, peu à peu, imposer son autorité aux habitants qui avaient refusé jusque là de reconnaître la dignité du Prince. Ami du Clergé, des moines et des pauvres, il consacrait toute son énergie à la sauvegarde de sa ville menacée.

Depuis 1223 les Tartares (ou Tatares), venus des steppes d’Asie centrale, avaient envahi et ravagé d’immenses territoires, et, entre 1237 et 1239, il déferlèrent sur la Russie, pillant et massacrant tout ce qui se trouvait sur leur passage. Ils s’emparèrent de Vladimir, mais s’arrêtèrent à environ 100 kilomètres de Novgorod pour se diriger vers Kiev et la réduire en cendres. Ils se fixèrent ensuite dans la partie sud-est de la Russie, sur un territoire d’une grande importance stratégique, contrôlant l’accès à la Mer Noire, au Caucase et à l’Asie centrale, nommé la Horde dOr: mais ils soumirent pour plus de deux cents ans les principautés russes à de très lourds tributs, les menaçant constamment de meurtrière invasion en cas de rébellion.

Devenu seul Prince de Novgorod à la mort de son frère en 1236, Alexandre eut à affronter le danger plus pressant venu d’Occident, le royaume de Suède, celui de Lithuanie et les chevaliers teutoniques -(ordre monastique militaire qui occupait les rives de la Baltique entre la Pologne et la Finlande et qui avait pour mission la conversion forcée des peuples slaves et baltes au Catholicisme romain)- faisaient converger leurs efforts pour s’emparer des principautés russes affaiblies par l’invasion mongole et par leurs divisions. Le 16 juillet 1240, Alexandre fut contraint de réunir une faible armée pour s’opposer à une violente et massive incursion des Suédois. Mais la veille au soir, Saints Boris et Gleb apparurent sur un mystérieux bateau descendant la Neva, en exhortant les rameurs célestes à se hâter pour venir au secours de leur «parent, Alexandre». Encouragés par cette apparition et assistés par la Mère de Dieu, le jeune Prince et ses hommes infligèrent alors une défaite écrasante à leurs ennemis. Or, le peuple de Novgorod à nouveau divisé expulsa, quelque temps plus tard, son héros; mais l’année suivante, les chevaliers teutoniques s’étant emparés de Pskov menacèrent de prendre Novgorod. On rappela Alexandre qui, sans rancune, accourut au secours de son peuple et remporta une nouvelle victoire près du lac Peîpous (1242). Il fut alors accueilli triomphalement à Novgorod et passa les quatre années suivantes à s’opposer aux incursions répétées des Lithuaniens.

A la mort de son père, en 1246, Alexandre fut convoqué à la Horde d’Or auprès du khan tatare avec les autres princes russes. Or l’usage voulait qu’en rendant hommage au souverain mongol, on se soumît aussi aux usages païens, sous peine de mort. Alexandre le savait, mais il ne voulait pour rien au monde trahir la Sainte Foi, aussi se prépara-t-il à la mort. Arrivé devant le khan, il s’inclina respectueusement devant son souverain, mais refusa de se soumettre au rite païen, en disant: «Majesté, je te rend honneur car Dieu t’a octroyé la souveraineté, mais je ne peux vénérer les idoles, car je suis Chrétien et j’adore le seul Dieu en trois Personnes, le Créateur du ciel et de la terre!» Le khan, impressioné par son courage et ayant été mis au courant des exploits du Saint, ordonna qu’on ne lui fît aucun mal, et il lui offrit une hospitalité pleine d’égards. De là, Alexandre et son frère André furent envoyés auprès du grand-khan, à Karakoroum, aux extrêmes confins de la Mongolie. Il revint à Novgorod en 1251, épuisé ,et malade après ce voyage, mais ayant été confirmé Prince de Novgorod et de Kiev et ayant acquis la confiance des envahisseurs.

En 1252, André, Prince de Vladimir, se révolta contre les Tatares et s’allia aux Suédois, offrant la Russie à de terribles représailles. Alexandre se rendit à nouveau à la Horde d’Or et put éviter l’invasion. Il racheta de nombreux prisonniers avec les réserves de l’état et, ayant obtenu le pouvoir sur toute la Russie, il entreprit de rassembler le peuple de Kiev dispersé. Par la suite, il se rendit une troisième et une quatrième fois auprès du khan pour intercéder en faveur de son peuple rebelle aux lourdes taxes et au recensement fiscal imposés par les Tatares.

A la même époque, le Saint Prince dut résister aux menaces persistantes de l’Ouest. Le Pape de Rome Innocent IV avait envoyé des missionnaires vers les principautés russes pour convertir le peuple orthodoxe à la foi romaine, mais Alexandre réagit fermement en repoussant les dogmes étrangers à la tradition apostolique transmise au peuple russe par l’intermédiaire de Byzance. Les puissances catholiques levèrent alors une véritable «croisade» contre lui; en 1256, Suédois, Danois, Finnois et chevaliers allemands se précipitèrent vers Novgorod, mais Alexandre repoussa la coalition et occupa même la Finlande.

En 1260, les tributs exigés par les Mongols augmentèrent à nouveau et ceux qui ne pouvaient pas s’acquitter étaient pris comme esclaves par les mercenaires chargés du recouvrement des impôts. On enrôlait également de force de nombreux russes pour servir dans la campagne engagée par le khan en Perse. Alexandre partit à nouveau en mission, obtint l’allégement des taxes et put éviter la conscription obligatoire. Mais, épuisé par le voyage et la maladie, il mourut en route, le 14 novembre 1263, après avoir revêtu le grand habit monastique sur son lit de mort et avoir reçu le nom d’Alexis.

De nombreux miracles et apparitions eurent lieu auprès de son tombeau, particulièrement à la veille des grandes victoires des Russes contre les Mongols en 1380, 1552 et 1572. En 1380, on découvrit les Reliques de Saint Alexandre incorrompues et on le proclama Saint. Il fut déclaré protecteur du peuple russe par le Tsar Pierre le Grand au 18e siècle.